Je crois que nous avons à faire à un Impro Killer…

Le lundi 20 avril, une scène classique d’improvisation se jouait quelque part sur la scène parisienne : un couple mange à table et parle de ce qu’il est en train de manger, la scène vient à peine de commencer, on ne connait pas encore les personnages mais le conflit est déjà présent. Puis, un autre personnage rentre dans l’histoire en criant « ding dong » et en positionnant son doigt en l’air dans le vide, comme s’il pressait un bouton (ou en agitant son poing et en tapant du pied, les versions des témoins divergent).

Soudain, alors que la scène classique s’annonçait tout à fait prévisible, avec un « Oh salut, ça va? – Oui ça va et toi ? Oh oui moi ça va, je peux entrer ? Oh oui bien sûr, entre !  » qui rassure tout le monde, c’est le drame ! Un des deux membres du couple sort de sa poche un pistolet fictif, rabat son auriculaire et son annulaire, tandis qu’il tend frénétiquement ses trois autres doigts, formant ainsi le mime international du pistolet. Et pan ! Il tire sur la nouvelle personne qui venait juste d’entrer, dont on ne connaissait pas le nom, ni sa relation avec les autres personnages, auxquels nous ne nous étions de toute façon pas encore attachés. Le public retient son souffle en attendant de savoir si oui ou non la balle fictive a touché la personne non identifiée sur un point vital. Après une mort longue et douloureuse, le nouveau personnage s’écroule, occupant les deux tiers de l’espace scénique.

Dans les minutes qui suivent, la salle est évacuée et le MC appelle la police de l’impro. L’improvisateur responsable du meurtre et menotté et emmené au poste. Il est interrogé par le KJB (Keith Johnstone’s Bureau). Voici un extrait de sa déclaration :

« Je ne voulais faire de mal à personne, je croyais que c’était pour de faux. Je pensais qu’on avait le droit de tuer pour rigoler, il m’est arrivé plusieurs fois d’être grièvement blessé et d’aller mieux la scène d’après. Pour tout vous dire, je ne voulais pas que quelqu’un d’autre rentre dans cette scène, car la plateforme n’était pas installée. Mais peut-être que ma réaction était excessive« .

Après deux heures d’interrogatoire, le meurtrier avouera qu’il a déjà tué des personnages dans le passé.

Le meurtrier sera jugé à l’applaudimètre lors d’un prochain Maestro.

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